MAROC [Partie 2] ATLAS Toubkal 4167m

Deuxième partie de ce fabuleux voyage que j'ai fais au Maroc. Je vous avais laissé à Marrakech après avoir passé trois jours dans le désert et c'est désormais toujours à Marrakech mais en direction des cimes marocaines que je me dirige.

 

4ème jour

Après avoir passé la nuit au riad, je me dois de partir vers les sommets de l'Atlas, qui est le deuxième objectif de mon voyage, et pour cela je dois prendre la route en direction du village de Imlil,  sunormmé le "chamonix marocain". C'est assez simple en fait, de Marrakech on peut rejoindre en taxi tous les alentours, et pour l'équivalent de 8 € je me retrouve à partager le taxi avec deux danoises, direction Imlil. Nous mettons un peu plus d'une heure sur des routes assez sinueuses et nous nous faisons quelques frayeurs avec notre chauffeur de taxi qui je pense se rêvait pilote de rallye. Il est un peu moins de 11H quand nous arrivons sur place.

Tout commence à Imlil, fabuleux petit village qui est constamment en ébullition, à tout heures de nombreux touristes arrivent ici par taxi. Tous, ou du moins la plupart sont ici pour le Jbel Toubkal. Tout ce village vit quasiment entièrement du tourisme alpin, ici tout peut se louer, de la mule, au sac de couchage en passant par la tente. Beaucoup de personnes viennent faire le Toubkal sur la journée. Cela dénature pour moi cette aventure. Beaucoup de riches touristes viennent et monte à dos de mule sans le moindre effort. Je trouve ça complètement naze.

 

village de montagne près de Imlil

La première heure de marche se fait dans la civilisation, la montée n'est pas très intense et on voit de magnifiques villages à flanc de montagnes en contrebas (ci-contre), avec des enfants qui jouent dans une petite rivière qui, à cette époque de l'année n'est pas beaucoup rempli. D'ailleurs en continuant la marche j'arrive à un lit de rivière complètement asséché. Je demande ma route à un paysan du coin  qui m'indique la bonne direction, je traverse donc cette rivière qui n'en n'est plus une, pour rejoindre le chemin qui va m'emmener au sommet. 

 

Ce qui est fantastique c'est que tout le long du trajet se trouvent des vendeurs locaux d'eau, de coca et tout autres boissons pour les randonneurs.

Pour ma part je possède un filtre à charbon actif ce qui me permet de boire dans les sources d'eau ou même dans des eaux boueuses (photo ci-contre). Je préfère me servir de ça car très rapidement je me suis rendu compte qu'il n'y avait aucune poubelle tout au long de la montée, et j'ai trouvé la montagne très sale. De nombreux gens ne respectent rien et jettent leurs déchets au plein milieu de la nature!

Après quelques heures de marche en pleine chaleur j'arrive à un tout petit village en plein cœur de montagne avec des cascades d'eau et un "restaurant". Je trouve l'endroit magnifique et je décide qu'en redescendant je me poserai un peu ici. C'est reparti pour plusieurs kilomètres d'ascension sur un chemin étroit au milieu des chèvres qui se baladent tranquillement.

 

 

Conseil : quand vous faites une ascension prenez le temps de regarder autour de vous et de repérer des endroits qui pourraient vous permettre de vous ressourcer pleinement. Profitez tout simplement du paysage.

Un homme me double et s'arrête près de moi, on échange un peu, il m'a doublé avec une belle aisance, en en parlant il me raconte que c'est déjà sa troisième ascension du Toubkal. Il se nomme Fouad Moustakim, on fait un bout de chemin ensemble tout en parlant. Il me dit vouloir faire la montée entière dans la même journée., tout comme moi c'est ce que j'avais en tête. Nous avons quand même deux allures différentes, et je lui dis de partir devant que je le ralentis trop. Il me donne rendez-vous au refuge. Peu de temps après je commence à marquer le pas, alors que je sais que je ne suis plus très loin du dit refuge Neltner, qui culmine à 3207 mètres d'altitude. C'est le point de départ de l'ascension finale. Je vois au loin un berger qui fait sa prière sur un rocher. En arrivant vers lui il voit que je commence à avoir du mal, ce n'est pas l'acclimatation à l'altitude mais plutôt le dénivelé qui se fait ressentir dans les mollets. Il m'accompagne sans dire un mot sur plusieurs centaines de mètres, on se comprend par le regard et retourne auprès de ses chèvres lorsqu'il voit que je vais mieux. Après l'avoir remercié je continue mon parcours et j'arrive enfin au refuge. C'est la délivrance. De nombreuses tentes sont déjà plantés. L'emplacement du refuge est à l'ombre, je regarde ma montre et effectivement il est 18H. L'heure limite de ce sommet est d'environ de 17H en fonction de la saison. (l'heure limite est différente d'un sommet à l'autre, c'est l'heure limite au-délà de laquelle il ne faut pas se lancer dans l'ascension finale, pour ne pas finir de nuit et ne pas se mettre en danger.). 

 

Conseil : Ne faites pas comme nous, respectez toujours l'heure limite d'un sommet. Pour ceux qui ont vu le film "Everest" le dépassement de cette fameuse heure peut avoir de graves conséquences... Ne jouez pas avec ça!

Je retrouve Fouad qui s'apprête à se lancer dans la montée finale. Je lui demande de m'attendre 15 minutes, histoire que je puisse souffler un peu avant d'y aller avec lui. Vers 18H15 nous prenons les lampes frontales et des habits chauds. Les sacs à dos allaient rester sous la tente., cela nous ferait un poids en moins. A ce moment là il nous restait 1000M de dénivelé positif. 

 

L'objectif de Fouad était d'arriver pour le coucher du soleil afin de faire sa prière au sommet. Mais rapidement je le ralentis et malgré tout il décide de m'attendre. Je n'ai pas pris assez de repos avant de repartir et je sens aussi que l'altitude commence à se ressentir. Je souffle un bon coup et me retourne, la vue est tout simplement magnifique. Le refuge vu du haut avec les rayons de soleil couchant sur le versant de la montagne rendent ce paysage tout simplement superbe. 

 

On continue de monter mais l'obscurité se fait de plus en plus présente et nous sommes rapidement obligé de monter avec avec les lampes frontales. Je m'excuse auprès de lui pour ne pas avoir été capable de le suivre et de l'avoir empêché de faire sa prière au sommet. Lorsque nous arrivons enfin au sommet il est plus de 23H30. Dans le noir le plus complet nous nous prenons en photo. Je lui laisse un gilet pour la descente, il commence à avoir froid et de mon côté ça va. Le vent est quand même très présent et nous ne nous éternisons pas.

 

selfie au sommet du Toubkal de nuit
petit selfie au sommet

5ème jour

 

Il est temps de redescendre mais ça s'annonce très rapidement assez périlleux. Les rochers s'effacent sous nos pieds. et la descente se fait plus lentement que la montée. C'est assez monotone mais il faut rester très vigilant et ça en devient assez usant. Quelques frayeurs avec les chevilles qui vrillent et quelques chutes rendent ça plus enivrant. Je suis devant lui car ma frontale éclaire mieux, mais à un moment donnée Fouad glisse en tombe dans la descente il commence à dévaler la pente et m'entraîne dans sa chute. je pense qu'on à bien descendu 2M50 voire 3M d'un coup. Quelques éraflures mais rien de bien méchant, on passe plutôt par quelques belles frayeurs. et nous sommes obligés de faire quelques pauses pour reprendre nos esprits.                                                ->

vue du sommet Toubkal de nuit
vue du sommet à 4167 m d'altitude

 

Je regarde ma montre il est 2H du matin et nous ne sommes toujours pas arrivé au refuge, peu après on commence à entendre le bruit du ruisseau qui traverse le sentier et qui est non loin du refuge.             

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la descente est assez éprouvante!
la descente est assez éprouvante!

Mais aucune piste et nous sommes au bord de haute falaises, impossible à descendre par là. On longe et on trouve ce qui semble être un passage, on descend donc par ce chemin qui nous fait descendre une rocher d'environ 3M50 de haut mais avec de nombreuses prises. On voit au loin la lumière d'une frontale au pied du refuge, on est plus très loin, on suit le ruisseau qui nous emmène un peu plus bas que le campement. Après avoir traversé l'eau je me sens soudainement libéré. Cette descente à été très éprouvante physiquement mais aussi mentalement. Il est à cette heure-ci 3H20...

A cette heure-ci les premiers randonneurs se lancent à l'assaut du sommet, tandis que nous, avons vaincu le Jbel Toubkal. Le retour fût mouvementé mais nous l'avons fait, et c'est bien ça qui compte.


Nous rejoignons la tente que Fouad avait emmené et entamons une petite nuit de sommeil bien mérité. A 8H30 avec la lumière du jour et les randonneurs qui commencent à lever le camp, nos yeux sont déjà ouverts. A la lueur du jour nous buvons le thé, et là je me retourne pour voir la pente que nous avons gravit, je n'en reviens pas vraiment de me dire que nous avons tout redescendu de nuit. Je contemple cette façade qui se dresse devant moi et je reste de longues secondes à la regarder. Je crois même que je la respecte! Ce qu'elle m'a fait enduré restera gravé dans ma mémoire et j'ai appris énormément de cette aventure. Bien qu'il s'agisse de ma troisième ascension de sommet de + de 4000M. Celle-ci fût sûrement la plus éprouvante mentalement. Pas physiquement mais psychologiquement, le Toubkal m'a fait puiser dans mes ressources pour pouvoir en venir à bout.

tête au réveil
Réveil forcé après une nuit difficile

La journée n'est cependant pas finie, Fouad décide de redescendre par l'autre versant et rejoindre les lacs d'Ifni, qui semblent-ils sont magnifiques. Je me tâte à y aller mais au vu du temps de marche et de mon vol retour je ne peux pas trop tarder. Je décide de rejoindre la vallée pour retrouver les cascades d'eau que j'ai repérées lors de la montée. Après lui avoir dit au revoir chaleureusement je prend la route et lui aussi, je n'oublierai jamais ce qu'il a fait pour moi, nous nous tournons désormais le dos et partons chacun dans notre direction.

J'arrive aux cascades assez rapidement. et je descend quelque peu pour être plus en recul du village. Et là sans trop réfléchir je plonge dans l'eau glaciale. Je revis de pouvoir me reposer et profiter de petit réservoir d'eau. Des enfants du village sont là aussi, je m'amuse avec eux en leur montrant différents plongeons. Et j'immortalise ça avec ma GoPro..

 

 

Le soleil commence à se coucher et je sèche mes affaires. Je trouve un endroit un peu près plat pour poser mon sac de couchage et commencer à me reposer réellement. J'entend le ruissellement de l'eau et cela rend le coucher de soleil très agréable. Je m'endors tout doucement au clair de lune, seul, dans le massif montagneux du Toubkal à environ 2300M d'altitude... 

vue magnifique au coucher en pleine montagne
Elle est sympa la chambre à coucher non?
réveil difficile avec un chien inconnu

6ème jour

Le réveil se fait brutalement, le soleil n'est pas encore levé. Mais je sens qu'on me lèche le doigt. J'ouvre brutalement les yeux sans bouger, et je me retourne d'un coup sec, je me retrouve nez à nez avec un chien qui semble t'il est d'humeur joueuse dès le matin. Mon cœur bat à 100 à l'heure, ce chien m'a mis la peur de ma vie. Ce chien à l'air gentil mais il faut savoir qu'au Maroc, certains sont porteurs de la rage.

 

Conseil : Évitez de caresser les animaux dans des pays étrangers, certains sont porteurs de maladies que nous ne trouvons quasiment plus en France, cela peut éviter de mauvaises surprises lors du retour sur le territoire français. Les services hospitaliers dans les pays d'autres continents ne sont pas aussi développés que chez nous.

Après ce réveil soudain, je range toutes mes affaires hop, je redescend au village de Imlil pour trouver un taxi et rentrer sur Marrakech. Pour payer moins cher le retour je le partage avec d'autres touristes qui retournent dans la Medina. Je réserve une autre nuit dans un riad avant de prendre mon avion qui est le lendemain. Je décide grâce à la connexion internet de changer mon vol et passer par Madrid sur 24H chez un ami plutôt que de rentrer directement à Genève. Cela me fait souffler un peu avant de retourner dans la réalité de la vie française.

 

faire du scooter au maroc c'est pas bon pour la sécurité

7ème jour

A peine levé je me dirige vers l'aéroport, je trouve un conducteur de scooter très sympa qui m'emmène avec lui. La sécurité routière n'est pas la même que chez nous, il prend l'unique casque, et téléphone même en conduisant. Je suis sans protections mais je savoure mes derniers instants passés sur le sol marocain. J'ai la tête ailleurs et je regarde derrière moi. Le voyage que j'ai fais est juste fabuleux. Je peux désormais cocher de ma bucket list le désert du Sahara et l'Atlas, deux choses qui me tenaient à cœur.

Les paysages sont complètement différents de ce que j'ai pu connaître en haute montagne auparavant. Lors de mon ascension de l'Allalinhorn et du Breithorn, les ascensions se faisaient dans la neige ou sur glacier, ici que de la roche et des sentiers bien marqués. Ce qui n'enlève rien à la difficulté du parcours.


Un remerciement spécial pour Fouad pour sa sympathie et sa gentillesse tout au long de ce sublime voyage.


Pour retrouver la PARTIE 1 dans le désert du Sahara cliquez ici

Ci-dessous la vidéo de mon été 2016, avec de nombreuses images du Maroc

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